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Les nouvelles tactiques font la nouvelle

Stratégies collectives et tactiques innovatrices pour la libération


Leçons d'une campagne médiatique réussie
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Monia Mazigh

 

Ottawa, Sept. 2003 — Monia Mazigh prend la tête d'une procession demandant le retour au pays de son mari, Maher Arar. Elle est accompagnée de leurs deux enfants, Barâa (à ses côtés) et Houd (dans la poussette), de sa propre mère (à gauche) et de la mère de Maher Arar (à droite). Photo: Philippe Duhamel.

 

Quand j'ai rencontré Monia Mazigh en 2003, elle était une femme digne et profondément inquiète qui menait une campagne énergique pour la libération de son mari.

 

Le 25 septembre 2002, Maher Arar a laissé derrière lui en Tunisie sa femme Monia, sa fillette de 5 ans, Barâa et son poupon de fils âgé d'à peine 7 mois. Maher Arar devait retourner à son travail, au Canada. La famille retournerait plus tard, pour profiter encore un peu des vacances dans sa famille à elle. Ils se sont dit un dernier aurevoir, puis il a pris le taxi qui l'amenait à l'aéroport.

 

Ce serait la dernière fois que Monia et les enfants le reverraient avant plus d'une année.

 

Maher Arar a été interpellé durant une escale à New York, tandis qu'il attendait sa correspondance pour le Canada. On l'a interrogé pendant des heures, puis détenu incognito pendant plusieurs jours, avant de le « rendre » (le déporter secrètement) vers la Syrie, où il a été torturé et détenu pendant 10 mois et 10 jours, au fond d'une cellule de la taille d'une tombe où grouillaient les rats et où des chats se soulageaient depuis une petite ouverture dans le plafond.

 

La progression a été lente. Il y a d'abord eu la radio. Un titre au journal local. Puis d'autres, en crescendo. La radio nationale. Puis la télé nationale, les rafales, et enfin, les gros titres à travers le monde. Ce n'est qu'après la campagne médiatique la plus intense que Maher Arar a enfin été ramené au Canada, et ce, malgré les pressions clandestines et plusieurs coups bas des services de sécurité contre son retour.

 

Sa cause est depuis devenue une véritable « cause célèbre ».

 

Maher Arar a été libéré le 6 octobre 2003, sous les feux des caméras qui captaient en direct son arrivée à l'aéroport et dont les grands titres ont fait écho partout pendant des jours. Comme je ramenais le couple enfin réuni à Ottawa, Maher n'en revenait toujours pas. L'importance et de l'insistance de l'intérêt médiatique à son endroit étaient phénoménales. Il semble que l'on ne puisse suivre de très près l'actualité du fond des geôles jordaniennes...

 

Sans en avoir été le principal architecte, cette campagne médiatique a été la plus fascinante et la plus enlevante à laquelle il m'ait été donné de participer directement. Voici quelques-unes des leçons que j'ai tirées de l'immersion quotidienne dans le déroulement de ce travail.

 

Décidez ce que vous voulez. Il faut d'abord déterminer le geste important vous cherchez à obtenir, quel changement de politique vous souhaitez voir. Définissez votre but et tenez-vous-en. Ce sera votre clou. Frappez dessus aussi souvent et aussi fort que vous le pouvez. Enfoncez le message. Épurez vos gestes. Définissez votre angle pour la journée, et martelez. Quand Maher Arar a raconté pour la première fois son histoire, il a conclu sur un vibrant appel à une commission d'enquête sur ce qui lui était arrivé. La presse savait alors où porter ses prochaines questions. L'obtention d'une commission royale d'enquête représentait un choix stratégique capital. Blanchir le nom de Maher Arar était un objectif clé. Faire en sorte qu'une telle situation ne se reproduise plus jamais était le but final.

 

Ne mentez et n'exagérez jamais. Tenez-vous-en aux faits. N'émettez même pas de conjectures. On demandait souvent à Monia et aux autres porte-parole qui selon nous était responsable, si tel organisme ou tel autre était impliqué, etc. La réponse commençait souvent par « Eh bien, je ne sais pas vraiment... et nous aimerions bien le savoir... » Puis, de retour au clou : la commission d'enquête.

 

Restreindre l'accès peut renforcer la crédibilité. Après la brève apparition de Maher Arar à son retour, nous avons insisté pour qu'il attende un mois avant de s'adresser officiellement aux médias. Il fallait d'abord qu'il s'occupe de lui-même. Puis, il fallait qu'il se prépare. Quand il a finalement pris la parole, l'effervescence était tele que tout l'événement a été couvert en direct partout au Canada. Puis, l'intégrale de la conférence de presse d'une durée de 20 minutes a été rediffusée téléjournal de 22 h. Je n'avais jamais vu rien de tel.

 

Soyez une ressource. Établir des liens avec les journalistes demande du temps. Vous êtes aussi là pour les aider. La relation est réciproque. Cherchez à devenir une référence. Il faudra accepter de breffer un grand nombre de journalistes, et en détail, à répétition. Ne vous attendez même pas à ce qu'on vous cite.

 

Mettez-vous dans leurs souliers. Pensez comme si vous étiez un reporter. Rappelez-vous que vous traitez avec des gens aux délais très serrés. Facilitez-leur la tâche. Préparez de bons dossiers de référence. Dans le cas de Maher Arar et de son histoire complexe, nous avons passé des jours à préparer une chronologie vérifiée que nous pourrions remettre aux journalistes lors de la première conférence de presse, un document que nous avons par la suite régulièrement mis à jour. Nous avions numérisé des photos de famille que nous étions en mesure d'envoyer d'un clic de souris, avec notes biographiques détaillées.

 

Menez des actions proactives. Des agents de la GRC (Gendarmerie Royale du Canada) appelaient systématiquement les journalistes qui avaient diffusé des reportages positifs sur Maher Arar, pour semer le doute (« M. Arar n'est pas un ange, vous savez, et nous pouvons le prouver »). Ils tentaient également de « vendre » leur version de l'histoire à des journalistes qui ignoraient tout du dossier (des journalistes de droite, de préférence). Nous apprenions parfois d'un journaliste que nous connaissions que la GRC avait réussi à convaincre quelqu'un. Nous tentions alors de communiquer avec le ou la journaliste pour au moins offrir une vérification des faits. Parfois, cela fonctionnait. Parfois, moins (voir ci-dessous). En poussant, juste ce qu'il faut, nous aidions à établir notre crédibilité ultérieure. Certains des journalistes les plus convaincus ont d'abord écrit des articles qui dénigraient Maher Arar. Ce n'est qu'une fois qu'ils avaient réalisé que leurs sources du milieu policier avaient menti pour les manipuler, qu'ils sont devenus nos plus puissants alliés.

 

Eux aussi font des erreurs. En novembre 2003, une journaliste du quotidien Ottawa Citizen, Juliet O'Neil, a produit un article remettant en question la crédibilité de Maher Arar. On y coulait de l'information voulant que, selon des sources anonymes du milieu de la sécurité, Maher Arar aurait été un membre entraîné d'Al Qaeda. Suites aux pressions exercées sur la GRC pour qu'elle enquête sur les fuites, la GRC a perquisitionné le domicile de Mme O'Neil pour fouiller et saisir ses dossiers, ses carnets de notes et ses ordinateurs. Quand nous est parvenue la nouvelle de la perquisition au domicile de la journaliste, je jubilais. Je savais que ce geste allait déchaîner l'ensemble des médias, pour qui cette opération aller représenter une déclaration de guerre. « Je sais maintenant que nous allons gagner », ai-je dit ce soir-là. La suite me donnera raison.

 

Restez fidèle à vos valeurs. Plus tard le même soir, Monia est venue discuter de la situation. Sa réaction initiale à la perquisition de la GRC au domicile de la journaliste était très différente de la mienne. Malgré l'article franchement dommageable que la journaliste avait signé sur le compte de son mari, Monia s'inquiétait d'abord pour la journaliste. Monia était outrée. Elle trouvait l'événement effroyable. Elle s'identifiait à la situation difficile vécue par Mme O'Neil et a donc décidé de rédiger un communiqué dénonçant le raid policier. J'ai ainsi appris une grande leçon : la stratégie ne suffit pas. Il faut en tout temps faire preuve de compassion, même envers ceux et celles qui ont pu nuire à notre cause. Il importe parfois de rester fidèle à ses valeurs avant de s'inquiéter de savoir qui « gagne » ou qui perd. En même temps, l'empathie manifestée par Monia lui a attiré j'en suis sûr de nombreux alliés, jusque dans des milieux au départ peu sympathiques.

 

Chauffez le téléphone. L'attaché de presse doit être un infatigable du téléphone. Développez votre personnalité téléphonique. Un style dynamique, énergique, enthousiaste et direct vous servira le mieux. Les journalistes ont peu de temps à perdre. Ils veulent votre truc en bref. Donnez-leur et ils reviendront. Établissez votre crédibilité en évitant d'être flagorneur et casse-pieds.

 

Soyez « allumé ». L'attaché de presse doit pouvoir être rejoint à toute heure du jour ou de la nuit. Un journaliste appelle pour une entrevue, « je peux être là dans 30 minutes, est-ce que ça vous va? ». Une animatrice radio vous appelle et pose deux questions exploratoires, puis vous lance : « Peut-on enregistrer maintenant? » Les médias engendrent les médias. Si vous êtes dans le journal du matin, la télé risque d'appeler. Les médias sont comme l'argent. Triste, mais vrai, plus vous en aurez, plus vous en ferez.

 

Répondez. Essayez de ne refuser aucune question. En cas d'absolue nécessité, expliquez que vous ne pouvez simplement pas donner la réponse maintenant, mais que vous poserez tel geste précis le moment venu. Reliez la réponse à votre objectif et répétez le message. Ne dites jamais « Aucun commentaire » ou « Je ne peux ni nier, ni confirmer » — laissez ces réponses à vos opposants!

 

Les faits d'abord. Assez de l'idéologie, du boniment ou des évidences! Mettez de côté la langue de bois et concentrez-vous sur les faits. Il n'est pas interdit de vérifier un détail précis durant une entrevue. Vous pouvez également offrir de rappeler dans une demi-heure avec la réponse. Vous semblerez seulement plus crédible. La fiabilité engendre la confiance.

 

Tendez l'hameçon. Voyez comment rattacher votre nouvelle aux événements de la journée, et non au journal d'avant-hier (désolé, mais votre histoire arrive tellement 10 heures trop tard!). La mémoire médiatique est un peu comme la mémoire vive de votre ordinateur. Redémarrez au matin, et rien ne reste plus de la veille. À moins, bien sûr, que ce ne soit un GROS événement, comme l'Holocauste, aucun journaliste ne se préoccupera d'un article publié il y a un mois.

 

Restez à jour. Bien des progressistes se glorifient de ne pas suivre les médias de masse. Sauf que si vous devez intervenir auprès de ceux-ci, il faut vous faire un devoir de regarder le bulletin télévisé tous les jours et de connaître le petit nom de tous les reporters. Voyez ce qu'ils ont fait, sachez quels dossiers ils couvrent et l'« angle » qu'ils préfèrent.

 

Un merci honnête. Vous pouvez dire merci, faire preuve de reconnaissance, sans compromettre le sentiment d'objectivité des journalistes. Il y a lieu de montrer votre appréciation de l'approche (style, technique d'entrevue, récit) quand le travail est véritablement bien fait.

 

Certains ennemis sont vos meilleurs amis. N'hésitez pas à référer certains de vos opposants les plus enragés, les plus hostiles, les plus fanatiques, les plus extrêmes aux journalistes. Vos pires opposants peuvent en réalité devenir vos alliés, surtout quand ils savent ruiner leur propre crédibilité en moins de deux minutes! Dans ce cas-ci, l'ambassadeur de la Jordanie était un homme merveilleux. Il aidait notre cause chaque fois qu'il ouvrait la bouche, tant on croyait entendre un dictateur répressif.

 

Parlez avec le cœur. Les émotions véritables passent généralement bien la rampe. Affichez-les! Tel a été mon seul et unique conseil à Monia. Il convient en fait de parler aux journalistes comme à un ami (en faisant toutefois la différence!). Un ton amical est de loin préférable au ton coincé par l'angoisse du « Ô mon Dieu, je parle aux M-É-D-I-A-S! » Gardez la « touche humaine ». Elle vous rend émotivement plus intéressant. Vous n'êtes pas un expert aseptisé en relations publiques. Et c'est tout à votre avantage. Les gens veulent vous sentir, pas seulement vous entendre.

 

Optez pour la fraîcheur. Si vous êtes vraiment terrible avec les médias, de grâce laissez les autres faire le travail. Et rappelons, s'il le faut encore, que la personne au sommet de la hiérarchie n'est pas toujours la meilleure porte-parole. Ne sous-estimez pas l'attrait qu'une nouvelle personne, aux propos rafraîchissants et articulés, peut avoir sur les médias.

 

Utilisez un symbole. Un seul suffit. Choisissez le plus parlant. Le passeport canadien grandeur géante de la photo avait été choisi en partie pour contrer l'étiquette potentiellement raciste que l'on risquait de faire porter à « l'immigrant arabe ».

 

Évitez l'heure de pointe. Planifiez vos activités en fonction des heures de tombée. Sachez quels grands événements risquent d'interférer, en suivant le fil de presse.

 

Vive les questions-réponses. Préparer votre argumentaire (Q&A). Puis, oubliez-le quand vous parlez. Ne récitez jamais vos réponses. Les journalistes détestent. La pire chose est de leur servir la « cassette ». C'est ce qu'ils entendent à longueur de journée.

 

Imaginez. Visualisez le grand titre. Entendez la mise en situation. Voyez les angles de caméras, les plans de séquence. Composez votre image. Choisissez soigneusement l'arrière-scène. Faites un travail intérieur et voyez les qualités que vous souhaitez incarner quand vous parlerez — force, détermination, calme, etc.

 

Racontez une histoire. Rappelez-vous : un enjeu ou un problème, ce n'est pas une histoire. Pratiquez l'art de raconter une histoire. Faites-en votre spécialité. Illustrez illustrez illustrez. Avec force exemples, métaphores, petits récits, descriptions imagées. Faites que tout prenne vie et marche tout seul. Pour les journaux, décrivez la scène avec des descriptions colorées, offrez des images vivantes, racontez l'histoire comme votre tante Anna. De plus, la rédaction d'un communiqué de presse est un art. Apprenez-le.

 

Cadrez la séquence. Choisissez un cadre éloquent. Les têtes parlantes sont d'un ennui mortel. Pour la télé, songez aux mouvements de caméra et à différentes scènes, ne serait-ce que pour éviter la plate reconstitution de l'« entrée au bureau ». Si vous devez en fin de compte faire la manœuvre de l'entrée, demandez au moins à un collègue ou à un membre de vous accompagner; faites-la en discutant.

 

De petites bouchées médiatiques. Trouvez une métaphore puissante. Concentrez-la en 15-20 secondes. N'ayez pas peur d'utiliser la langue populaire, si elle vous sied. On peut toujours l'enrober, mais la bouchée médiatique, c'est la seule qui compte vraiment.

 

Restez présent. Sentez bien la «vie» dans votre corps. Quand les caméras sont sur vous, connectez-vous à cette partie de vous qui vibre. Lors d'une conférence de presse, regardez la personne qui parle quand vous n'avez pas la parole. Si vous-même, à la table, vous intéressez davantage à vos notes qu'à ce qui se dit, pourquoi les journalistes devraient-ils, eux, s'y intéresser?

 

Ne lisez pas. Règle générale, de grâce, évitez de lire une déclaration préparée. Cette règle n'est pas absolue dans la mesure où les enjeux sont très importants, de même que l'intérêt préalable des médias. Maher Arar faisait lecture de la plupart de ses déclarations à la presse. Sauf qu'il donnait une bonne prestation et ce qu'il avait à dire était très attendu.

 

Le plus court sera le mieux. N'étirez pas la sauce. Cessez de parler avant de vous perdre dans de longues réponses. Soyez bref. Si une question semble trop s'éloigner du sujet, contentez-vous d'une réponse succincte.

 

Parlez à votre maman. Gardez le niveau de compréhension et le point de vue du grand public à l'esprit quand vous intervenez. Rappelez-vous qu'à travers le reporter, c'est à votre famille et à vos amis, au grand public, que vous vous adressez. Mettez donc au rancart le jargon et épelez vos abréviations.

 

Répète, dit-elle. Répète. N'hésitez pas à vous répéter. Les reporters répètent parfois leurs questions dans le seul but d'obtenir une réponse mieux formulée. Peut-être votre première réponse était-elle trop longue ou trop complexe. Il est possible qu'on vous ait mal compris ou qu'on tente de vous amener à forger une réponse plus «citable». Voyez-y l'occasion de vous exprimer plus clairement. Si l'entrevue est enregistrée, vous pouvez demander de reformuler votre réponse, si vous n'en êtes pas satisfait.

 

Restez de bon ton. Optez pour des déclarations positives, plutôt que de contredire ou de réfuter les commentaires des autres. Formulez votre message. Laissez les autres exprimer leur propre point de vue. Si possible, passez par l'humour et des anecdotes.

 

Jouez avec le diable. Une façon dont les journalistes font leur travail est de reprendre les arguments les plus forts ou les plus scandaleux à l'encontre de votre position, pour voir votre réaction. Cela ne signifie en rien qu'ils « achètent » l'argument en question ou qu'ils vous soient nécessairement hostiles, soit dit en passant. Peut-être souhaitent-ils même secrètement vous entendre servir un contre-argument massue. Saisissez l'occasion. Votre travail préalable sur les questions-réponses sera ici d'une grande utilité. Au moment de répondre, évitez de reprendre l'énoncé négatif du reporter. Retournez la phrase à votre avantage. Mettez l'accent sur le positif. Ils citeront vos paroles, non les leurs. Utilisez donc vos propres mots et non les tournures malveillantes du journaliste. Pour d'autres conseils utiles en cas d'entrevue difficile, référez-vous à la section intitulée "Getting good press" (en anglais seulement) dans ce document de l'Association canadienne des bibliothèques.

 

 

Et la suite?

 Maher Arar

Le travail de haute voltige avec la presse a donné d'impressionnants dividendes dans le cas de Maher Arar.

 

Après des audiences approfondies, la Commission royale d'enquête sur le cas de M. Arar a confirmé en 2005 la torture qu'il a subie. La Commission l'a également exonéré en attribuant le blâme aux organismes responsables de la sécurité nationale. Maher Arar a depuis reçu les excuses officielles du premier ministre canadien. Il a de plus obtenu 10,5 millions de dollars à titre d'indemnisation pour son malheur. Time Magazine l'a nommé l'une des 100 personnalités les plus influentes. Le chef de la GRC a dû démissionner pour ses agissements et ses tentatives d'étouffer l'affaire.

 

Les répercussions de cette affaire continuent de se faire sentir aujourd'hui. Plusieurs cas semblables sont mis en lumière à l'échelle nationale et internationale et trouvent écho dans les médias. Qui sait? L'histoire de Maher Arar pourrait également avoir changé de manière durable les intérêts de plusieurs journalistes, radicalisés par l'expérience.

 

Une chose est certaine. La culture médiatique de tout un pays a opéré un virage majeur sur l'importance de préserver les droits humains dans le monde de l'après 11 septembre. Qui plus est, l'objectif ultime d'empêcher que ne se répète d'autres cas comme celui de Maher Arar, et que cessent ces déportations secrètes est désormais à portée de main.

 

 

 

 

— Philippe Duhamel, interTactica.org

 

Fin février 2008, différentes personnes ressources ont tenu sur ce site une discussion sur le rôle des médias et les droits humains (en anglais seulement).

 

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