Une diversité de méthodes à découvrir
La résistance civile fait appel à un vaste répertoire de sanctions nonviolentes

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La résistance civile s'appuie sur deux grands types d'action : des gestes que l'on pose, d'autres que l'on ne pose plus.
Les actes de commission consistent à poser des gestes inhabituels ou interdits : des sans-terre saisissent un champ non cultivé, par exemple.
Les actes d'omission impliquent le refus du geste habituel ou de l'obligation légale : grève du loyer, par exemple.
Près de 200 méthodes d'action nonviolente différentes ont à ce jour été identifiées.* On les retrouve sous trois classes principales.
Les méthodes de protestation symbolique sont les mieux connues et les plus utilisées. Elles servent principalement à persuader des alliés, à dénoncer une situation ou à communiquer un point de vue : pétitions, diffusion de tracts, manifestations, macarons, etc. Rarement suffisent-elles à provoquer le changement. Leur utilité stratégique réside essentiellement à préparer le terrain ou à appuyer d'autres moyens, plus perturbateurs du rapport de force.
Les méthodes de non-coopération consistent en ces nombreux moyens permettant de retirer son consentement et son obéissance aux plans social, économique ou politique : les différentes sortes de grèves, le boycott de produits ou de personnes, le retrait massif d'argent d'institutions financières, etc. Parce que les méthodes de non-coopération permettent une large participation, avec des risques somme toute réduits, elles comptent parmi les plus coercitives de l'arsenal nonviolent.
Les méthodes d'intervention, troisième catégorie, sont des initiatives permettant de perturber le fonctionnement normal des institutions par des moyens comme les occupations ou sit-ins, les barrages humains, le raid nonviolent, etc. La création de gouvernements parallèles et de structures alternatives fait également partie de cette catégorie redoutable.
Les méthodes d'intervention sont à la portée des individus, des groupes de différentes tailles et des masses. Elles offrent des moyens créatifs, bien visibles et souvent très risqués d'« entraver » un système injuste, voire de le remplacer. Les méthodes d'intervention nécessitent généralement de soigneux préparatifs, une formation poussée et une adroite mise en œuvre.
* Voir la liste de 198 méthodes d'action nonviolente. L'œuvre de Gene Sharp "The Politics of Nonviolent Action" (1973) demeure incontournable pour bien connaître les méthodes et leur fonctionnement.
Le pouvoir reconquis : la non-coopération
Citations de Barbara Deming (1917 - 1984)

« Pour exercer un pouvoir, nul besoin d'être violent. Et pour s'adresser à la conscience, nul besoin d'être bonasse. L'action la plus efficace exerce un pouvoir, tout en parlant aux consciences. L'action nonviolente ne dépend pas de la gentillesse des autres. Mais elle peut en effet les forcer à consulter leur conscience. Il ne s'agit pas non plus d'une supplique auprès de ceux qui détiennent le pouvoir de changer une situation. L'action nonviolente peut créer une nouvelle réalité et affronter l'autorité : voyez et acceptez cette nouvelle situation que nous avons créée. »
« Gandhi a déjà déclaré que c'était sa femme qui lui avait intuitivement enseigné la nonviolence. Qui mieux que les femmes savent qu'il est possible de remporter des batailles sans recours à la force physique? Qui peut mieux que nous peut connaître tout le pouvoir que recèle la non-coopération? »
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Philippe Duhamel,
interTatica.org, un carnet pour la libération
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