Year of Publication:
2004 Powerful Persuasion
By Emile Short
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Ce bloque-note nous renseigne sur les violations des droits de l’homme les plus difficiles à éliminer. Ces violations sont basées sur des coutumes ou des croyances traditionnelles profondes ayant souvent une dimension spirituelle. Au Ghana, la tradition de Trokosi représente un systsème de servitude qui satisfait le besoin de justice de la communauté et les besoins matériels et sexuels des prêtres fétichistes. Les femmes et les jeunes filles sont rassemblées et enfermées dans des sanctuaries fétichistes pour expier les péchés soi-disant commis par un membre de leur famille. La Commission des Droits de l’Homme et de la Justice Administrative (CHRAJ) reconnaît le manque d’efficacité des lois interdisant de telles traditions.
Dans certains cas, ces lois pourraient même pousser ces coutumes à opérer dans la clandestinité.
Des leaders respectés au niveau local et national dialoguent directement avec les coupables, les victimes, les autres leaders de la communauté et ceux d’autres communautés. Leur premier but est de leur faire comprendre le caractère de ces traditions. Leur second but est de leur présenter des alternatives, des façons d’abandonner ces traditions sans perdre l’honneur attribué à leur position fétichiste. Il y a de nombreuses techniques pour convaincre ces leaders , pour les recruter afin qu’ils fassent comprendre aux membres de leur communauté la dynamique de ces coutumes et traditions. Il s’agit de révéler leur caractère intrinsèque afin de transformer ces coutumes qui violent les droits fondamentaux de l’homme.
Dans la tradition Trokosi du Ghana, des femmes et des jeunes filles vierges sont emprisonnées sans leur consentement. Elles sont forcées à servir les prêtres des sanctuaires: elles font le travail manuel, y compris dans l’agricultlure et à la cuisine. Elles subissent aussi des abus sexuels. Ces traditions existent principalement dans les régions reculées de la Volta dominées par un groupe ethnique du nom de Ewes (les brebis). Plusieurs organisations humanitaires ont mis en commun leurs efforts : la Commission des Droits de l’Homme et de la Justice Administrative, la Commission Nationale pour l’Education Civique (une autre agence constitutionnelle), et les leaders traditionnels des communautés Ewe. Ensemble, nous avons réussi à faire libérer des milliers de jeunes filles et de femmes tenues en esclavage.
Tout d’abord, notre stratégie est de mobiliser le soutien des leaders respectés par la communauté, tels que les chefs, les reine-mères et les responsables du gouvernement local. Nous les employons comme ressources dans des séminaires et des rassemblements où ils expliquent les implications de ces coutumes abusives contre les droits de l’homme; ils recommandent alors la libération volontaire des victimes. Ensuite, ces leaders entreprennent des négociations directes avec les prêtres des sanctuaires et leurs groupes d’anciens, les persuadant de renoncer volontairement à la pratique Trokosi. Du fait qu’ils parlent la même langue et fassent partie intégrale de la communauté, ils jouent un rôle décisif dans l’évolution de la mentalité, des croyances et du comportement de ceux qui sont impliqués dans l’abus des droits de l’homme.Cette approche a du succès lorsqu’on s’adresse à des habitudes culturelles et traditionnelles profondément enracinées dans des convictions spirituelles: les praticiens sont réticents à abolir des coutumes de peur d’encourir la colère des dieux. La lutte contre la mutilation génitale des femmes nous a appris que la législation interdisant ces pratiques traditionnelles est inefficace si elle n’est pas précédée par d’intenses programmes de sensibilisation du public.
De plus, les groupes s’adressant aux droits de l’homme doivent engager le dialogue avec ces praticiens, travailler à changer leur mentalité et les persuader à changer volontairement leurs traditions abusives. Cela peut être difficile, surtout si les promoteurs des droits de l’homme sont considérés comme “étrangers” par les communautés traditionnelles. Les efforts de ces promoteurs pleins de bonnes intentions peuvent être facilement pris pour une attaque contre les croyances culturelles et religieuses de la population. On ne peut changer des croyances profondément enracinées en les attaquant! De même, une loi ne peut être obéie sans la coopération du public. Il faut trouver une autre approche. Notre but a donc été de convaincre les praticiens et autres parties prenantes de changer les traditions Trokosi. Nous voulons que les membres de la communauté voient leurs traditions pour ce qu’elles sont: un abus contre les droits de l’homme et une attaque contre la dignité et l’humanité des femmes dans leur propre communauté. Nous voulons aussi leur faire reconnaître que ces traditions sont flexibles et peuvent être transformées petit à petit, sans offenser les dieux. Si l’on ne réussit pas à changer l’attitude de la population, la législation et la mise en vigueur des droits de l’homme risquent de pousser ces traditions dans la clandestinité, laissant les femmes et les jeunes filles prisonnières de l’esclavage.
Le groupe ING a fourni son support et son contrôle pour cette tâche. II a organisé des rencontres avec les prêtres Trokosi, les anciens des sanctuaries et les chefs de la communauté. Il a mis en place des séminaires et des audiences. J’ai moi-même représenté le CHRAJ (agence constitutionnelle et légale).
Des leaders respectés au niveau local et national dialoguent directement avec les coupables, les victimes, les autres leaders de la communauté et ceux d’autres communautés. Leur premier but est de leur faire comprendre le caractère de ces traditions. Leur second but est de leur présenter des alternatives, des façons d’abandonner ces traditions sans perdre l’honneur attribué à leur position fétichiste. Il y a de nombreuses techniques pour convaincre ces leaders , pour les recruter afin qu’ils fassent comprendre aux membres de leur communauté la dynamique de ces coutumes et traditions. Il s’agit de révéler leur caractère intrinsèque afin de transformer ces coutumes qui violent les droits fondamentaux de l’homme.
Dans la tradition Trokosi du Ghana, des femmes et des jeunes filles vierges sont emprisonnées sans leur consentement. Elles sont forcées à servir les prêtres des sanctuaires: elles font le travail manuel, y compris dans l’agricultlure et à la cuisine. Elles subissent aussi des abus sexuels. Ces traditions existent principalement dans les régions reculées de la Volta dominées par un groupe ethnique du nom de Ewes (les brebis). Plusieurs organisations humanitaires ont mis en commun leurs efforts : la Commission des Droits de l’Homme et de la Justice Administrative, la Commission Nationale pour l’Education Civique (une autre agence constitutionnelle), et les leaders traditionnels des communautés Ewe. Ensemble, nous avons réussi à faire libérer des milliers de jeunes filles et de femmes tenues en esclavage.
De plus, les groupes s’adressant aux droits de l’homme doivent engager le dialogue avec ces praticiens, travailler à changer leur mentalité et les persuader à changer volontairement leurs traditions abusives. Cela peut être difficile, surtout si les promoteurs des droits de l’homme sont considérés comme “étrangers” par les communautés traditionnelles. Les efforts de ces promoteurs pleins de bonnes intentions peuvent être facilement pris pour une attaque contre les croyances culturelles et religieuses de la population. On ne peut changer des croyances profondément enracinées en les attaquant! De même, une loi ne peut être obéie sans la coopération du public. Il faut trouver une autre approche. Notre but a donc été de convaincre les praticiens et autres parties prenantes de changer les traditions Trokosi. Nous voulons que les membres de la communauté voient leurs traditions pour ce qu’elles sont: un abus contre les droits de l’homme et une attaque contre la dignité et l’humanité des femmes dans leur propre communauté. Nous voulons aussi leur faire reconnaître que ces traditions sont flexibles et peuvent être transformées petit à petit, sans offenser les dieux. Si l’on ne réussit pas à changer l’attitude de la population, la législation et la mise en vigueur des droits de l’homme risquent de pousser ces traditions dans la clandestinité, laissant les femmes et les jeunes filles prisonnières de l’esclavage.
Le troisième participant-clé était Mama Adokua Asigble IV, Reine-Mère de la région traditionnelleTefle et membre de la Commission Nationale pour l’Education Civique. Ce processus a pris plus de 10 ans, comportant une série complexe de mesures intégrées:
- l’éducation et la défense des droits de l’homme dans les différentes communautés,
- la négocia
tion avec les prêtres et les anciens des sanctuaries, et pour les femmes qui ont été libérées:
- des programmes de formation professionnelle,
- des cérémonies d’émancipation
- un support psychologique de réhabilitation.
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