Le revenu minimum fut introduit en 1988 sur le marché du travail coréen comme tampon contre les écarts salariaux. Cependant son introduction ne fut pas une totale réussite car le montant légal fut fixé trop bas. De plus, il servit bien souvent les intérêts des employeurs qui l’utilisèrent pour fixer des revenus peu élevés. Son impact négatif devint encore plus évident lorsque la crise économique toucha la Corée du Sud en 1997 et entraîna une hausse importante du nombre d’intérimaires.
En 2001, la KWWAU (Association des Travailleuses coréennes) conduisit une campagne nationale afin d’augmenter le revenu minimum, faisant des propositions au gouvernement sud-coréen et poursuivant en justice les entreprises qui ne respectaient pas ce revenu minimum. Entre les mois de juin et juillet, plus de 15 000 personnes signèrent la pétition. La KWWAU mena une étude sur 528 femmes intérimaires travaillant comme femmes de ménage dans 107 entreprises dans 9 villes différentes. L’étude révéla que 23% des travailleuses sondées gagnaient en-deçà du revenu minimum (421 490 KRW / 409 US$ par mois).
Il devint évident que le revenu minimum ne protégeait pas les travailleuses employées dans les entreprises de petites et moyennes tailles. Au contraire, le système étant mal utilisé, les travailleuses percevaient encore moins d’argent. La KWWAU tint une conférence afin de publier les résultats de l’étude, chercher des moyens d’améliorer le revenu minimum dans le cas des travailleuses intérimaires et identifier les failles du système de revenu minimum existant.
Afin d’illustrer la gravité des bas salaires, la KWWAU organisa un évènement-spectacle intitulé « Un déjeuner avec Yong-Hee » face à l’Assemblée coréenne. On prépara un repas à Yong-Lee coûtant 944 KRW (environ 0,60 US$) et on le partaga avec 60 participants incluant des reporters de différents médias. L’évènement fut tant apprécié qu’il fut relaté dans presque tous les journaux et fut diffusé en première partie dans les journaux de deux chaines de télévision importantes (voir photo de Yong-Lee et son repas).
L’association KWWAU fut la première à se concentrer sur l’augmentation du revenu minimum légal en Corée du Sud. Plus tard, d’autres syndicats et organisations commencèrent à lancer des campagnes pour défendre également le revenu minimum. En 2002, un certain nombre de syndicats et d’organisations civiles établirent le « Réseau du revenu minimum » et travaillèrent à augmenter ce revenu et à améliorer son système. Récemment, il fut convenu que ce revenu augmenterait de 10% par an. À l’heure actuelle, le Réseau continue à mener des actions afin d’améliorer le soutien légal apporter aux travailleuses gagnant le revenu minimum.
Au travers des campagnes menées pour augmenter le revenu minimum légal, des meneuses émergèrent des rangs des femmes de ménage. La plupart de ces meneuses avaient déjà eu, dans le passé, à se battre contre les menaces des agences intérimaires. Elles furent braves et encouragèrent et organisèrent les autres travailleuses. Les femmes de ménage intérimaires convainquirent la population de signer des pétitions et continuèrent leurs actions dans les rues.
Avant la première campagne, personne ne savait qu’au sein de la population coréenne certains gagnaient en-dessous du revenu minimum légal. La KWWAU réveilla les consciences sur le système en amenant le problème dans la sphère sociale. Les principales bénéficiaires de l’amélioration du système furent les femmes les plus démunies. La KWWAU espère que les écarts salariaux disparaîtront grâce à l’amélioration du système du revenu minimum légal.

