Le projet Nouvelles Tactiques pour les droits humains est à la recherche de gens et d'organismes intéressés, compétents et équipés pour prêter main-forte à la traduction des documents et du contenu de notre site vers d'autres langues que l'anglais. Quiconque souhaiterait s'occuper d'une section ou une autre de notre site web est prié de communiquer avec nous à l'adresse suivante : newtactics [at] cvt [dot] org. Merci.

La réécriture de contes traditionnels pour une sensibilisation à la question des sexes
Version imprimableVersion imprimableEnvoyer à un amiEnvoyer à un ami

Les contes de fées et les histoires sont un élément essentiel dans la culture populaire et dans la transmission des croyances à propos des sexes. Le projet « Women’s Stories » développé par l’ONG Women and Memory Forum (WMF) fut lancé afin de donner aux femmes une opportunité de jouer avec les contes traditionnels, redéfinir leur rôle dans la société et développer leur créativité littéraire en réécrivant les histoires selon leur propre perspective.

Fondée en 1997 en Egypte, la mission de WMF est de promouvoir une société basée sur la justice and l’égalité des chances entres les hommes et les femmes. Pour l’organisation, une des façons d’atteindre cet objectif est en réécrivant et redéfinissant l’histoire culturelle arabe. Le projet « Women’s Stories », un ensemble d’ateliers d’écriture sensibilisés aux problèmes des sexes, propose de redéfinir et d’élargir la représentation des femmes dans le folklore littéraire.

Le premier atelier dans la série, intitulé « Réécrire les contes arabes d’un point de vue des sexes », vit le jour en 1998. L’atelier réunit un groupe varié de femmes arabes, présentes dans les domaines de la critique littéraire, l’écriture, l’histoire sociale et culturelle et le théâtre. Ces ateliers ont lieu une fois par mois. Durant chaque rencontre, les femmes analysent une histoire folklorique arabe, telle qu’un des contes des Mille et une nuits, et l’abordent d’un point de vue des genres. A l’issue de la discussion, chaque participante réécrit de façon individuelle une nouvelle version du conte. Elles se réunissent à nouveau pour se lire leurs versions, plus féministes et sensibilisées à la question des sexes.

En plus d’être publiées, certaines de ces histoires furent également utilisées au cours de lectures publiques incluant des éléments théâtraux, comme la mise en scène, les costumes, l’éclairage et les effets de l’accompagnement musical live. En transformant les histoires en performances publiques, les contes furent présentés comme matériel nouveau de création culturelle, sensibles à la question des genres et propagés devant une audience plus importante.

Ce procédé fut également partagé avec d’autres groupes. Par exemple, WMF organisa un atelier d’écriture sensible à la question des genres pour un groupe de jeunes Palestiniennes et Soudanaises. Les filles et jeunes femmes prirent l’initiative de leurs écrits et partagèrent leurs histoires avec les membres de leur communauté. Par ailleurs, WMF, en collaboration avec des ONG locales, dirigea des ateliers d’écriture créative dans des quartiers démunis du Caire et de la Haute-Egypte, offrant une opportunité pour les femmes de partager leurs expériences et pour permettre une prise de conscience des droits à la parité homme/femme.

L’aspect du projet basé sur la narration s’avère efficace pour mettre à jour certaines formes de discrimination sexuelle dans la culture indigène devant une audience non spécialisée et chez les jeunes militantes. Cependant, WMF rencontra quelques difficultés. Certains spécialistes en littérature populaire accusèrent l’organisation de dénaturer les textes classiques. D’autres trouvèrent que ces performances publiques manifestaient de l’agressivité et de l’hostilité envers les hommes.

Faire connaître ces histoires réécrites par des femmes en dehors des ateliers permit à WMF d’alerter une plus grande audience aux problèmes des genres et la représentation des sexes, recevant des réactions très positives de la part des adolescents, des jeunes adultes (hommes et femmes), mais aussi des médias.

Contact Information
Organization: 
The Women and Memory Forum
Country or Region: 
Egypt

    light bulbRead more innovative tactics used by human rights practitioners!