Le bureau de Greenpeace au Liban a dressé une carte des violations environnementales afin de renseigner la population libanaise sur les problèmes des déchets industriels toxiques tout le long de la côte du pays. Afin de toucher le plus grand nombre de personnes possible, la tactique s'est concentrée sur le littoral libanais, où plus de 50% de la population réside, et où 90% de la population fréquente les plages pendant l'été. La tactique consistait à utiliser une vraie carte du Liban afin que le public puisse suivre la progression du bateau gonflable de Greenpeace alors qu'il faisait des tests sur le littoral, semaine après semaine, pour trouver des traces de déchets toxiques. Cette progression a aussi été suivie de manière détaillée par les médias et a suscité intérêt et suspense.
Chaque semaine, Greenpeace se rendait sur un nouveau site et sélectionnait les violations les plus graves pour les mettre en évidence. Afin de créer la carte à proprement parler, l'équipe de Greenpeace a pris son bateau gonflable sur chaque site pour faire des tests. Ceci a nécessité une équipe de soutien logistique et une équipe de soutien à terre qui suivait le bateau en cas de situation d'urgence. Le groupe possédait déjà l'équipement nécessaire pour faire les tests et s'est mis en partenariat avec une autre organisation pour que le Système d'Information Géographique (SIG) puisse créer la carte.
D'autres tactiques ont joué un rôle important dans le succès global de la campagne. Par exemple, les participants ont fait du lobbying auprès des divers participants, tels que les politiciens, les agences gouvernementales, les stations balnéaires et les plages pour leur faire savoir que leur eau pouvait être testée. Un membre de Greenpeace était chargé uniquement des médias ; ceci pour s'assurer que les bonnes informations étaient transmises au bon moment, afin d'entretenir l'intérêt des médias et du public. L'approche publicitaire de Greenpeace comprenait un spot réalisé en dessin animé illustrant les effets des polluants à long terme, une radio, des bulletins d'informations, et un stand mobile avec de grandes affiches. En plus de cela, Greenpeace a mis au point une carte sur leur site internet qui était mise à jour dès qu'ils obtenaient de nouvelles statistiques ou d'autres informations sur les violations environnementales.
L'utilisation de cette carte a permis de fournir un support visuel concret pour sensibiliser les gens, en mettant en évidence les violations environnementales sur le littoral et en fournissant au public et au gouvernement un suivi scientifique et une carte de ces violations. La prise de conscience et la mobilisation publiques ont mené au vote de la loi 44 qui est un code sur l'environnement, garantissant notamment un accès libre à l'information.

