Des moines, des nonnes et des novices bouddhistes offrent de l’aide pratique et spirituelle aux personnes séropositives et atteintes du SIDA dans une tentative d'unir les communautés et de combattre l’ignorance et la stigmatisation du SIDA. Le projet Sangha Metta forme des moines, des nonnes et des novices bouddhistes pour travailler dans tous les champs d’intervention et de soutien pour les personnes atteintes du SIDA et pour leurs proches. Par conséquent, les individus qui sont traditionnellement des chefs communautaires constituent une nouvelle génération d’enseignants au sujet du SIDA. Leur rôle est de sensibiliser les communautés, dissiper les mythes autour du VIH/SIDA en fournissant de bonnes informations, et fournir du soutien émotionnel et des soins aux personnes séropositives et à leurs communautés.
Actuellement en Asie, le SIDA est devenue une épidémie généralisée. Selon AusAID, "dans la région Asie-Pacifique 7,2 Millions personnes sont actuellement séropositives et atteintes du SIDA" (Internet). En raison de la peur publique, de l'ignorance, et de la stigmatisation communautaire, les programmes de prévention et de soins ne sont pas très répandus en Asie. Par conséquent, les personnes séropositives et atteintes du SIDA sont exclues et vivent leur maladie en secret alors que le grand public souffre aux niveaux économique et social.
Étant donné les effets négatifs de la peur et de l'ignorance sur les communautés, les moines, comme chefs spirituels traditionnels, constatent qu’ils deviennent une partie importante de la solution dans la lutte contre la propagation du VIH/SIDA et pour unir les communautés. Dans beaucoup de pays d’Asie (e.g. La Thaïlande, le Cambodge, le Laos, et le Myanmar), le temple est le cœur spirituel du village. La communauté voit les moines comme des confidents et des enseignants ; les gens ont l’habitude de leur confier leurs problèmes, leurs soucis et leurs idées.
Aujourd’hui, les moines, les nonnes et les novices comprennent leur rôle traditionnel communautaire et comment en tirer bon parti pour lutter contre les préjugés et l’ignorance profonds au sujet du VIH/SIDA. Le but principal de leur action et de fournir du soutien émotionnel et des soins aux personnes séropositives et atteintes du SIDA et aux communautés.
Le projet Sangha Metta a été lancé en 1997 à l’initiative des moines en Thaïlande. Il a été une source de la motivation, de la formation et de l’aide technique à l’initiative pour la direction bouddhiste. Sangha Metta soutient des moines et des nonnes dans leur travail dans les domaines des soins et de la prévention du VIH/SIDA. « La prévention » implique les domaines de l’infection nouvelle, la transmission virale, et les impacts socio-économiques. « Les soins » incluent ceux apportés aux personnes séropositives et atteintes du SIDA, à leurs familles, et à leurs communautés. Pour former les moines, les nonnes et les novices, le projet Sangha Metta organise des séminaires, des ateliers, des visites aux hospices VIH/SIDA et des conférences. En plus, Sangha Metta utilise des techniques de la sensibilisation, de l’éducation à la prévention, des compétences pour la gestion sociale et d’autres outils pour promouvoir la tolérance et la compassion. Dans ces ateliers sur 3 à 5 jours, les moines apprennent les compétences sociales dont ils ont besoin dans leur travail dans la communauté, et ils vivent directement l’expérience du miracle que l’on entreprend en dissipant les préjugés contre les personnes séropositives et atteintes du SIDA. En même temps, ils travaillent ensemble pour faire l’analyse des problèmes dans la communauté ainsi que de leurs causes et leurs solutions possibles. En plus, les moines commencent leurs propres projets basés sur ce qu’ils viennent d’apprendre. Dans leur travail, ces individus mettent en pratique les enseignements moraux et religieux du Bouddhisme, lesquels incluent les quatre Vérités nobles (la Vérité de la souffrance, la Vérité de l’origine de la souffrance, la Vérité de la cessation de la souffrance, et la Vérité du chemin menant à la fin de la souffrance) ; les quatre Incommensurables (la bienveillance universelle, la compassion, la joie sympathique, et l’équanimité) et le noble Sentier octuple (la compréhension juste, la pensée juste, la parole juste, l'action juste, le mode de vie juste, l'effort juste, l'attention juste et la concentration juste).
Une fois rentrés chez eux, les moines entreprennent des actions selon les besoins de la communauté. Des exemples de leur travaillent incluent de manière non-exhaustif :
- visites à domicile aux personnes séropositives et atteintes du SIDA
- manger des offrandes de nourriture préparées par les personnes séropositives et atteintes du SIDA (cette technique a eu un effet profond dans les villages où elle a diminué la peur et les préjugés)
- donation de l’aumône
- enseigner les faits sur le VIH/SIDA aux villageois (e.g. la vérité sur les modes de transmission ; l’effacement des mythes)
- sensibiliser de la jeunesse
- former les personnes séropositives ou atteintes du SIDA dans les techniques de la méditation pour les soigner émotionnellement et leur donner du courage
- organiser des jeux de rôles concernant l’impact socio-économique du SIDA
- organiser des activités pour produire des revenus, par exemple fabriquer des objets artisanaux ; aider en fournissant de la nourriture gratuite aux personnes atteintes du SIDA ou des funérailles après leur mort ; s’occuper des enfants orphelins du SIDA ; fournir des conseils spirituels.
L’impact du travail des moines, des nonnes et des novices se fait sentir dans : la camaraderie communautaire ; la conscientisation du grand public au sujet du VIH/SIDA ; les relations communautaires avec les personnes séropositives et atteintes du SIDA auparavant exclues ; la formation de plus de 2000 moines, nonnes, et novices par le projet Sangha Metta, la diminution de la peur et le préjugé généraux ; l’engagement de la jeunesse ; et la guérison psychique des personnes séropositives et atteintes du SIDA. L’action des moines a restitué le soutien émotionnel aux personnes souffrant du VIH/SIDA et à leurs communautés.
L’UNICEF aide actuellement dans la formation des moines au Cambodge, au Laos, au Bhoutan, au Viêtnam, en Chine et en Birmanie. Dans une tentative d’améliorer l’efficacité de ces formations, Sangha Metta travaille dans le but de créer un Réseau Bouddhiste Régional pour l’Intervention sur le SIDA » (« Buddhist Regional Aids Intervention Network », ou BRAIN), dans lequel les moines eux-mêmes mènent les formations dans leurs pays.
Dans l’exécution de cette tactique, il ne faut pas oublier :
1. Le rôle traditionnel, le respect et l’influence qu’ont les moines dans les communautés depuis très longtemps.
2. L’impératif d’effectuer des enseignements éthico-religieux pour montrer aux communautés l’importance de l’intégration et de la vie commune.
3. L’engagement direct et même l’interaction entre les villageois et les personnes séropositives et atteintes du SIDA
4. les initiatives directes des moines, des nonnes et des novices pour réunir leurs communautés
5. la participation des jeunes pour comprendre VIH/SIDA. De plus, il faut comprendre les défis possibles tels que la résistance des villageois et des problèmes financiers.
Il faut aussi garder en tête que l’information est un outil puissant pour effacer l’ignorance et la peur ; il est donc nécessaire de se tenir au courant afin d’avoir de bonnes informations pour transmettre aux villageois et aux communautés. Cette tactique peut servir d’exemple dans la lutte contre d’autres problèmes dans la communauté comme le sexe, la drogue, la pauvreté, le trafic, le travail des enfants, et la violence. La tactique peut être développée et appliquée dans des pays comme le Cambodge, la Chine, le Laos et le Viêtnam, où le soutien et les soins pour le VIH/SIDA, ainsi que des programmes de développement communautaire, sont toujours en manque.

